De Juli à Sucre
Lundi 20 juillet Juli - Copacabana 77 km
Je pars sous un soleil voilé et le vent de face qui va forcir en cours de journée. La route est nickel avec un bitume tout neuf et peu de trafic. Je longe le lac Titicaca pendant 28 km et c'est très beau surtout quand le soleil perce à travers les nuages et que le lac prend une teinte argentée. Puis la route quitte le Titicaca pour une série de montées et descentes à travers des prairies parsemées de petites lagunas où pataugent des canards. Vers le km 50 je cherche la frontière qui devrait être proche. J'attaque une super descente (70 km/h)et un cycliste péruvien m'indique que la frontière est à 10 km (les notes de Gégé indiquaient beaucoup moins). Au km 62 j'arrive à un contrôle de police et leur demande la distance pour Copacabana. Ils m'informent que j'ai raté la bifurcation qui était avant la super descente... Ils m'indiquent une piste en terre qui va à Yungayo et rejoint l'autre route avant la frontière et qui m'évitera la remontée. Cette piste fait 27 km. Après 3 km, j'arrête un collectivo et vélo et remorque sur le toit, il m'emmene au terminus 8 km plus loin, dans son village. Le chauffeur Francisco est très sympa et pour une fois je paie le même prix que les autochtones. Nous allons déjeuner ensemble dans un tout petit resto où je suis l'attraction du jour. Il faut que ce soit mon dernier jour au Pérou pour que je rencontre des villageois ouverts et sympathiques. Je prends ensuite un autre collectivo qui m'emmène à Yungayo, d'où je repars en vélo. Le passage des frontières se fait sans problèmes et très rapidement. Je fais ensuite route sur Copacabana en compagnie d'Helmut, un cycliste autrichien en vélo de course et sac à dos super léger (5 kg). Il fait en moyenne 150 km par jour. A Copacabana je loge au Center Hotel, plein centre ville, très clean pour 3 euros par jour. En fin d'après midi, je retrouve Mélanie et Christian, les toulonnais au super camion (voir dans les liens) accompagnés d'Emilie et Jéremie, 2 autres français en camping car à travers l'Amérique du sud. Le père de Mélanie nous rejoint peu après, nous allons prendre nos billets pour l'ile du soleil demain matin puis bistrot et resto.

Gerbes de totora Lac Titicaca
Mardi 21 juillet Copacabana
J'arrive sur le quai à 08h00 à ma montre et le bateau est parti depuis une demi-heure. Je suis à l'heure du Pérou et la Bolivie a une heure d'avance. J'irai donc demain à l'ile du soleil. Je profite de cette journée pour diverses taches (donner mon linge à laver, changer des dollars en bolivianos et aller sur Internet). Dans l'après midi je grimpe au calvaire qui domine la ville à plus de 4000 m. De la haut la vue est magnifique sur la ville, la plage et le lac. Un vent violent a soufflé toute la journée et dès que la nuit est tombée, il est glacial. Je repère un resto où il y a une cheminée allumée et je peux manger au chaud. Qu'est ce que c'est bon!!! La ville de Copacabana est très touristique mais les prix ne flambent pas pour autant. Elle est très agréable. Il y a une plage avec plein de pédalos mais en ce moment c'est la période la plus froide de l'année et ils ne servent pas. Elle a donné son nom à une plage de Rio de Janeiro qui est devenue beaucoup plus célèbre qu'elle.

Copacabana Plage sur le lac Titicaca

Lac Titicaca Lac Titicaca
Mercredi 22 juillet Copacabana Ile du Soleil Copacabana
Le vent s'etant calmé, c'est sur un lac paisible ave un beau ciel bleu, que nous faisons la traversée. Le bateau est très lent et mets 2h30 pour arriver sur l'ile. La visite commence par un minuscule musée (prétexte au racket touristique) où il y a une trentaine de poteries et c'est tout. Nous faisons ensuite un cheminement très agréable sur le nord de l'ile pour voir quelques ruines incas, dont une table de sacrifices. Vers l'embarcadère, je déjeune dans un resto qui pratique des prix doubles de Copacabana. Pas étonnant que je sois le seul client! Le bateau repart et fait un arrêt d'une heure dans le sud de l'ile. Dès qu'on débarque, il faut à nouveau payer pour mettre pied à terre. C'en est trop pour moi, je les envoie ballader et je remonte à bord. Je suis tout seul! tous les autres ont payé pour aller sur le quai! Le bateau fait ensuite un autre arrêt vers 2 iles flottantes construites en totora (roseaux). Il faut payer pour mettre le pied sur l'ile et voir 2 cases. Là non plus je ne débarque pas et ce coup ci je ne suis pas le seul. De retour à Copacabana, je retrouve Mélanie et Christian. Le soir nous retournons manger au restaurant à la cheminée allumée.

Ile du Soleil Bateau en totora
Jeudi 23 juillet Copacabana - La Paz en bus 130 km
Vers 11h00, Mélanie et Christian prennent la route pour une altitude moins élevée afin de retrouver un peu de chaleur. Je déjeune d'une bonne truite à une baraque sur la plage. Vers midi, je rencontre Emilie et Jéremie qui partent au Pérou. Vers 13h30, je suis dans le bus pour La Paz. Nous longeons le lac pendant un bon moment, puis après avoir passé un détroit avec un bac, nous quittons définitivement le Titicaca pour traverser l'altiplano bolivien dont le décor est identique au péruvien. La Paz est une ville immense, tentaculaire. Elle envahit toutes les collines et les vallées. D'El Alto, qui la domine du haut de ses 4100 m, la vue est impressionnante. Le centre ville est à 3610 m. C'est la capitale la plus haute du monde (si on la considère comme capitale).

Mélanie, Christian et moi Emilie et Jérémie
Vendredi 24 juillet La Paz
Dans la visite de la ville, la plaza Murillo, la cathédrale et le palacio del gobierno sont superbes. Le museo del arte a une facace remarquable et l'église San Francisco est aussi belle de l'extérieur avec son imposante architecture, qu'à l'intérieur avec ses rétables monumentaux et ses nombreux domes de pierre. Je prolonge mon séjour d'une journée car demain je vais faire la fameuse "ruta de la muerte".

La Paz La Paz
Samedi 25 juillet Ruta de la muerte
Après un copieux ptit déj inclus dans le prix du parcours, deux minibus nous emmènent avec les vélos à 4700 m d'altitude. Départ en vtt pour 65 km de super descente, d'abord sur goudron pendant une heure puis on attaque la dénommée ruta de la muerte, une piste de terre et de pierres assez étroite pour les bus et les camions mais excellente et peu dangereuse pour les vélos. Cette piste conduit à Coroico qui est la porte de l'amazonie bolivienne, à 1100 m d'altitude. Il existe maintenant une route large et goudronnée qui y conduit, aussi la piste sert essentiellement aux vtt des tours opérators. La descente est très agréable, la température augmente et la végétation s'épaissit au fur et à mesure. La route est coupée à deux endroits par des éboulements. Il ne peut donc y avoir d'autre circulation que les vtt. Le seul danger de cette route est le profond ravin qui la borde, mais qu'on chute de 50 m ou de 500 m, le résultat est le même... A l'arrivée à Coroico, à l'hôtel, la douche chaude et un bon buffet sont à notre disposition ainsi que la piscine. Tout est très bien organisé. Dans le jardin de l'hôtel, il y a des orangers et des bananiers chargés de fruits. Vers 16h00, les minibus nous ramènent à La Paz. Super journée avec un vtt léger et bien cramponné, qui me change de mon attelage quotidien.

La ruta de la muerte

La ruta de la muerte
Dimanche 26 juillet La Paz - Patacamaya 109 km
Départ vers 08h00 sous un ciel couvert et un vent latéral. Il fait froid malgré la montée sur El Alto pendant 12 km. La route longe une large tranchée qui est un égout à ciel ouvert et les odeurs nauséabondes m'accompagnent toute la montée. Après l'ascension, je traverse la toujours triste banlieue pour arriver ensuite sur l'altiplano. Aujourd'hui il est plus alti que plano car c'est une succession de montagnes russes. Je pense faire étape après avoir parcouru 60 km, où il y a en principe un hébergement. En fait dans les 2 maisons qui font office d'alojamiento, ils ne veulent pas de moi. Je repars donc après leur avoir dit en mots crus tout le bien que je pense de leur hospitalité! Il est 14h40 et bien énervé, je boucle les 44 km qui me séparent du 1er hébergement et à 17h00 je suis à Patacamaya qui est un grand village.
Lundi 27 juillet Patacamaya - Oruro 133 km
Dans la nuit l'altiplano s'est couvert de blanc. Il neige encore un peu de temps en temps pendant le parcours. Le vent sèche la route mais il est glacé. J'ai remplacé le casque par la cagoule polaire (merci Jean Paul). Aujourd'hui j'ai beaucoup de faux plats descendants et c'est tant mieux car l'étape est longue. L'altiplano est beaucoup plus joli en blanc. Oruro est une grande ville et à l'entrée il y a beaucoup de sculptures métalliques très originales. La ville est très animée et les rues grouillent de monde. Son architecture est quelconque et elle manque de beaux monuments qui attirent le regard.

Ma première neige... Oruro
Mardi 28 juillet Oruro - Challapata 124 km
Juste avant le départ, à l'hôtel, je rencontre mon voisin de chambre. C'est Jaco, un finlandais avec qui j'ai fait le parcours ruta de la muerte. Il prend le bus pour Potosi. Le ciel est bleu et un beau soleil brille. Il fait froid car il est tôt mais c'est très agréable de rouler. Vers 10h00 j'enlève cagoule, gants et goretex. La neige a fondu et le paysage est de nouveau jaunatre. L'altiplano comporte aujourd'hui beaucoup de zônes sableuses très peu esthétiques. La culture et l'élevage y sont moins présents. Il y a juste quelques troupeaux de lamas. Les faux plats sont montants et je suis obligé de pédaler en permanence. Challapata est un village moyen. Il n'y a qu'une alojamiento (je dors dans mon duvet) où il n'y a pas de douche, des wc pas très nets mais une chambre correcte.

Végétation malingre
Mercredi 29 juillet Challapata - Ventila 95 km
Vers 08h00, départ sous le soleil et après 8 km de route tranquille, j'attaque une montée qui va durer 60 km. Je longe une belle laguna où il y a des flamands roses et des canards. De temps en temps un petit bout de descente ou de plat, sinon ca monte et parfois très dur et je pousse! Je passe un col à plus de 4300 m. Le vent souffle latéralement. Il est très froid et m'empêche de faire une pause casse croute, car sur ces plateaux, il n'y a rien pour s'abriter. Aujourd'hui il y a beaucoup de troupeaux de lamas en pâtures. J'arrive vers 17h00 à Ventila bien fatigué par toutes ces montées. Le seul hébergement dans ce village minuscule est une posada où il n'y a pas de douche mais les wc sont à l'intérieur... Je dors dans mon duvet car il n'y a pas de draps. Seule consolation ce n'est pas cher (1,5 euro).

Paysage et route sans charme
Jeudi 30 juillet Ventila - Potosi 106 km
A 07h00 je suis en route sous le soleil et pas de vent. Ca ne dure pas et vers 09h00 il commence à souffler et monte progressivement en puissance. Très froid comme d'habitude, il est latéral. Je quitte les plateaux de l'altiplano pour traverser une zône montagneuse. La terre et les montagnes sont d'un beau rouge. Je longe un large canyon où les roches et la terre forment des figures insolites et irréelles. C'est magnifique. Les montées sont très sévères et je pousse vélo et remorque très souvent. Je franchis un col à 4276 m (c'est écrit sur la route) et un peu plus loin, j'attaque une descente de folie pendant plus de 10 km. Sitôt en bas, je repars pour une rude montée (je pousse l'attelage). De nouveau une super descente où le vent m'empêche d'aller à fond, puis après un morceau de route assez cool, c'est la montée vers Potosi où je suis plus souvent à pousser que sur le vélo. J'arrive vers 17h30, très très fatigué, après plus de 10h00 de route très difficiles. La douche brûlante fait du bien après 3 jours de toilette de chat. A 20h00 je suis au lit.

Décor plus sympa avant Potosi
Vendredi 31 juillet Potosi
Vers 09h00, un minibus me prend à l'hôtel. Avec un groupe de touristes dont 5 francaises, nous partons à la visite d'une mine dans le Cerro Rico qui domine Potosi. La visite dure 4 heures pendant lesquelles nous parcourons les galeries pour voir les mineurs au boulot. Ils extraient du minerai contenant divers métaux dont un peu d'argent, du plomb et du zinc. Les mines sont exploitées depuis plus de 400 ans surtout pour l'argent, qui a fait en son temps la richesse de la ville, qui était à cette époque plus peuplée que Londres ou Paris. Les monnaies de l'empire d'Espagne étaient frappées à Potosi. Les conditions de travail dans la mine sont bien sûr d'une autre époque. Beaucoup de mineurs n'ont aucune protection sociale. Ils machent des feuilles de coca et boivent un alcool très fort pour tenir le coup. Lorsque les marteaux piqueurs sont en action, l'air est irrespirable avec la poussière dégagée et il n'y a aucun système de ventilation pour évacuer. L'utilisation de la dynamite se fait le soir après le travail pour que les gaz dangereux puissent se dissiper pendant la nuit... Beaucoup de jeunes commencent le travail à la mine vers l'age de 16 ans. Ils sont sous-payés et font les travaux les plus pénibles. Les femmes sont interdites à l'intérieur de la mine car elles ont le mauvais oeil et portent malheur (sauf les touristes qui payent...) Dans l'après midi je visite la ville. Les nombreuses très belles églises et les maisons colorées proches du centre ville, lui donnent un peu de charme, mais je m'attendais à une ville beaucoup plus jolie du fait de la richesse de son passé.

Cadeau à offrir aux mineurs... Dans la mine

Dans la mine Parés pour la descente aux enfers...
Samedi 1er août Potosi - Sucre en bus 150 km
J'abandonne pendant 2 jours vélo, remorque et gros sac pour une escapade vers la ville de Sucre. Après 3 heures de bus à travers des paysages peu intéressants, si ce n'est qu'en perdant de l'altitude, de 4000 m à 2800 m, des arbustes et des eucalyptus font leur apparition dans le décor. La ville de Sucre est magnifique. De superbes batiments blancs bordent toutes les rues du centre. Ce n'est pas pour rien qu'elle a le surnom de "ciudad blanca de America". C'est la capitale constitutionnelle de la Bolivie et elle est classée au Patrimoine Culturel de l'Hunanité. De nombreuses églises colossales ajoutent encore à sa beauté architecturale. Elle a vraiment beaucoup de charme et il fait bon s'y promener, de sa place principale à toutes les rues avoisinantes. C'est de loin la plus jolie ville que j'ai vu en Bolivie et certainement une des plus belles de toute l'Amérique du Sud.

La ciudad blanca de America

La ciudad blanca de America
Je vais arrêter là mon baratin. Je vous fais de gros bisous à tous et à bientôt sur le blog.