De Mendoza à Los Andes
Samedi 5 septembre Mendoza
La ville est agréable avec de nombreux parcs et jardins immenses et de larges avenues. Son architecture par contre, est quelconque. Très peu de beaux batiments et les édifices publics comme le palacio del gobierno ou la Municipalidad ressemblent à des immeubles de style stalinien. Les climatiseurs très nombreux sur les façades les enlaidissent encore plus. Sur la Plaza de la Independancia, les fontaines avec des jets d'eaux intermittents sont très harmonieuses et jolies à voir et les espaces verts aussi, avec leurs arbres géants. Au magasin Carrefour (et oui...) j'ai trouvé du champagne rosé "Chandon" (ici il n'y a pas Moët). En rentrant à l'hôtel, j'invite Maria Estela de l'accueil à venir trinquer à la santé de Manoa. Le soir, après le resto, je me paye une glace géante dans une heladeria, avec au moins huit parfums différents et de la crème par dessus. On n'en fait plus en Europe des comme ça... même en Italie. Ca monte de plus de 10 cm au dessus de la grande coupe. Un vrai régal !
Dimanche 6 septembre Mendoza - Bivouac lac de Potrerillos 70 km
Je pars sous le mauvais temps. Les gros nuages noirs sont toujours présents mais il n'y a pa de vent et donc il fait moins froid. La sortie de la ville se fait sur l'autoroute. Je roule sur la file de droite car le bas côté n'est pas goudronné et la circulation est assez importante. Je le quitte avec soulagement après 28 km pour une route plus tranquille malgré le trafic routier assez dense. En début d'étape je traverse pas mal de vignobles et de belles cultures puis ce sont des collines sauvages (style Provence). Pas d'animaux si ce n'est quelques oiseaux. La route monte car on prend de l'altitude, mais ce n'est pas trop dur. Quand je m'arrête pour une pause café, une famille fait une parillada juste au dessus de la route. ils viennent m'offrir une portion de viande grillée, avec du pain. Toujours ces gestes généreux, c'est chouette l'Argentine !
Avant l'arrivée à Potrerillos, je surplombe un beau lac pendant un long moment. Je décide d'aller y camper. Au passage devant un petit commerce, j'achète une cerveza que je sirote devant le lac, après montage de la tente. La vie est belle !!!

Cordillère hostile Bivouac sympa au bord du lac
Lundi 7 septembre Bivouac Potrerillos - Upsallata 55 km
Dans la nuit je suis réveillé par le vent et la pluie. Au matin c'est de la neige fondue qui tombe près du lac. Les montagnes tout autour sont blanches. Avec le vent, il fait très froid. La route qui remonte le cours d'une rivière est en montagnes russes pas trop difficiles. La neige fond sur le bas des montagnes et c'est très joli avec les roches colorées surmontées de blanc. Une voiture stoppe à ma hauteur. Paola et Chritophe qui vivent à Santiago du Chili, rentrent chez eux. Paola est chilienne et Chritophe est français mais vit depuis 18 ans au Chili. Ils me proposent de m'emmener dans leur pick up, jusqu'à Upsallata. On charge vélo et remorque dans la benne et à 13h30 nous sommes dans la petite ville, mais pas seuls ! La frontière chilienne est fermée à cause de la neige abondante et tous les camions et bus sont bloqués à Upsallata, en espérant l'ouverture imminente. Vers 15h00, on apprend que la frontière reste fermé et c'est la ruée vers les chambres d'hôtel. Si j'étais arrivé en vélo, j'étais bon pour camper car les hôtels sont tous pleins. Bizzarement, à Uspallata il fait un temps superbe.

Jolies habitations C'est là haut que je dois passer ...
Mardi 8 septembre Upsallata - Los Andes (Chili) 20km vélo et 114 en voiture
Je quitte Upsallata sous le soleil mais il fait très froid et le vent souffle. La frontière vient d'ouvrir et c'est la ruée des 2000 camions bloqués depuis 5 jours. C'est un défilé incessant et pénible à côté de moi. Vers 11h00 je fais une pause café et au milieu des poids lourds, une voiture s'arrête. Paola et Christophe que je pensais loin devant, sont là. Chritophe me prévient que la route plus haut est très étroite et avec la neige ça va être très dangereux pour moi. Il me propose de m'emmener jusqu'au Chili. Je ne me fais pas prier et re-chargement dans le pick up. C'est beaucoup plus cool en voiture et le nombre de camions est impressionant. C'est une file de plusieurs km en attente à la frontière et vu la fouille systématique de chaque véhicule, ils mettront certainement plusieurs jours pour passer. Le temps est clair et à Puente del Inca, on voit très bien l'Aconcagua. Le géant, point culminant des Amériques domine le décor du haut de ses presque 7000 m. L'épaisseur de neige sur le haut est importante et seule la route est dégagée, avec de bons bourrelets de chaque côté. j'aurai eu beaucoup de mal à vélo. Le passage de la frontière et des douaniers zélés, nous prend bien deux heures et encore, nous sommes tombés sur une douanière sympa qui ne nous a pas fait ouvrir tous les sacs.
Vers 15h00, la route de Santiago part sur la gauche et je quitte mes nouveaux compagnons pour rouler vers Los Andes. Muchas gracias Paola et Christophe, grace à vous, je suis sain et sauf et je me suis reposé sur une étape où j'aurais dû souffrir. On se reverra en décembre lors de mon passage à Santiago.
après une dizaine de km, je suis à Los Andes où je trouve facilement l'adresse de la clinica vétérinaria où exerce Eric, qui tient la casa ciclista. Hélas, lorsque je le rencontre, il m'informe que la casa ciclista n'existe plus car il ne réside plus à Los Andes,mais à Viña del Mar. Il est super sympa et le soir après la fermeture de la clinica, il m'invite à manger et dormir chez lui. Nous sommes à Viña del Mar vers 22h00 (il y a 120 km de route) et nous dinons en compagnie de sa charmante épouse Joanna et d'un de ses fils.

Attente de l'ouverture de la frontière L'Aconcagua
Le premier épisode argentin se termine donc mais je vais continuer ma prose dans la catégorie Chili, pour la suite de mon parcours. Donc à tout de suite...