De Los Andes à Valparaiso
Mercredi 9 septembre Los Andes
Nous quittons Viña del Mar vers 07h00 en passant par la còte sur quelques km. C'est superbe et je suis ravi de retrouver le Pacifique ! Suite aux pluies des jours précédents, le paysage est très vert alors que normalement tout est sec, car il ne pleut pas souvent par ici. A Los Andes, Eric me fait visiter le terrain qu'il aménage pour créer un petit parc animalier. C'est très grand et il y plante beaucoup d'arbres. Ce sera chouette une fois terminé car son projet est intéressant et plaira beaucoup aux enfants. La ville de Los Andes est agréable mais assez quelconque. Je n'ai pas eu le temps de visiter le sanctuaire de Santa Teresa, la première sainte chilienne, mais il doit être intéressant car plus de 55 000 personnes le visitent annuellement.
J'ai trouvé un petit hôtel pas cher et le soir j'y prend mon repas, devant le match de foot opposant le Brésil au Chili. Les rues sont désertes, tout le monde est devant la télé.
Avec Eric sur son terrain
Jeudi 10 septembre Los Andes - Bivouac avant La Vega 85 km
Je quitte l'hôtel vers 08h30, mais avant la sortie de la ville, une voiture s'arrête et le couple à l'intérieur m'invite à son domicile pour le petit déjeuner. Daniela et Rodrigo sont très gentils et aux petits soins pour moi. Rodrigo, cycliste occasionnel est sculpteur sur métal et ses oeuvres sont jolies. Il a concouru et gagné pour la construction d'une pièce géante de 4 m en cuivre qui sera implantée sur une place de la ville pour l'anniversaire de sa création. Il a également conçu un vélo couché très original. C'est un artiste. Il veut m'offrir des outils mais j'ai tout ce qu'il faut. Il me donne des fruits et une rose en métal de sa création. Je les quitte après échange des adresses mails. Ce sont les rencontres de ce genre qui donne tout son charme à mon parcours.
La route que j'ai choisie, sur les conseils d'Eric, pour aller à Valparaiso n'est pas la plus rapide ni la plus courte mais la plus tranquille et la plus jolie. Je traverse des plantations d'avocats sur des km, puis ce sont des vergers de citronniers chargés de fruits. Les cultures à ras du sol sont aussi très présentes et même les espaces non cultivés sont bien verts (merci à la pluie). Ce serait merveilleux si toutes les propriétés n'étaient pas entourées de quatre rangs de fil de fer barbelé. Je l'ai déja écrit : je déteste les barbelés !!! Et hélas ! Je vais faire toute l'étape entre deux clôtures de cette horrible chose ! Le soir j'ai beaucoup de mal à trouver un endroit où poser ma tente. Je profite d'un virage où la clôture est en retrait pour m'installer. La nuit est très calme avec très peu de circulation routière. Au matin, la tente est trempée. L'humidité inconnue dans le désert argentin est ici bien présente sur ces terres agricoles. Je plie la tente mouillée que je ferai sécher à l'hôtel ce soir.

Daniela et Rodrigo Joli village chilien
Vendredi 11 septembre Bivouac La Vega - Maitencillo 86 km
Je démarre vers 08h30 sous un ciel maussade. La route est en montagnes russes mais assez faciles. Je traverse la petite ville de Cabildo qui est très jolie. Le décor champêtre est identique à la veille (les clôtures aussi...)
Vers 14h00, j'arrive à Papudo, au bord du Pacifique. C'est très beau et je respire à pleins poumons l'odeur de l'océan. C'est vivifiant et pour moi c'est très bon pour le moral !!! Après 86 km de route, je m'arrête dans le petit village balnéaire de Maïtencillo. C'est magnifique, avec de grandes plages alternant avec des criques rocheuses façonnées par l'océan et toutes les maisons bien entretenues. Ca me rappelle la Bretagne ! (bonjour à mes amis bretons).
Dans la nuit je suis bercé par le bruit des vagues qui roulent sur la plage devant l'hôtel. C'est un plaisir de l'entendre !

Petite plage à Maitencillo Mirador sur le Pacifique
Samedi 12 septembre Maïtencillo - Valparaiso 63 km
Je pars sous de gros nuages noirs qui bouchent le ciel et l'horizon. Le vent est présent mais il m'est favorable donc pas génant. Pour sortir de Maïtencillo, je longe l'océan à ras de l'eau pendant deux km et c'est aussi beau qu'hier. Il doit être agréable d'y passer des vacances estivales.
Sur la grande route, le trafic est assez dense et pénible. La route n'est pas trop difficile avec alternance de montées et descentes. Je traverse une zône industrielle où les cheminées des usines géantes crachent des fumées que j'imagine très toxiques (ça pue !). Heureusement, les 25 derniers km se font sur une petite route côtière interdite aux camions et qui longe l'océan à ras de l'eau. C'est idéal pour circuler à vélo et je prends enfin du plaisir à rouler. La côte est toujours aussi belle et les arrêts photo très fréquents. Du còté montagne, c'est nettement moins beau. Là, le béton est roi ! D'immenses immeubles envahissent le décor et pour certains les derniers étages sont dans les nuages (bonjour la vue...). Depuis hier, je suis passé devant d'innombrables "ghettos" de riches. Des villages privés avec vigiles, clôtures très hautes, entrées gardées et strictement contrôlées. Je me demande comment on peut apprécier de vivre dans ces prisons dorées... coupés du monde.
Vers 15h00, je suis à Valparaiso et mon coeur de marin bat un peu plus fort dans ce port mythique qui a connu ses heures de gloire avant la construction du canal de Panama. C'était alors une escale obligée pour tous les bateaux de passage. La ville est assez jolie avec les collines remplies de maisons colorées et ses rues très animées.

Les pélicans se font la gueule ... La ville très colorée
Je m'arrête là pour aujourd'hui et je vais partir à la découverte de la ville, que je vous raconterai au prochain épisode.
Gros bisous à tous