De Valparaiso à Concepcion
Dimanche 13 septembre Valparaiso
C'est une belle ville pleine de couleurs. Non seulement les collines qui l'entourent sont couvertes de maisons multicolores, mais les rues de la vile aussi. Il y a beaucoup de très beaux batiments et l'architecture des rues qui épouse les formes de la baie, lui donne son originalité et son cachet. De nombreux ascenseurs type funiculaire, permettent d'accéder à des "miradors" d'où on peut admirer la ville et le port qui est immense et couvre tout le front de mer. Les nombreuses places ont un décor adapté à leur nom. Par exemple la Plaza d'Italia a des statues romaines partout dans le parc. Ce dimanche est très animé avec le défilé dans la matinée, avec une musique militaire, de toutes les écoles de la ville. Dans l'après midi, beaucoup de promeneurs sur le paseo du bord de mer et sur les places où les jeux pour enfants sont très nombreux. J'aime bien cette ambiance cool et je regrette que le ciel soit couvert car les tableaux exposés sur le port, montre la ville avec une lumière formidable.

Belles constructions à Valparaiso

Port de pêche Rue de la ville
Lundi 14 septembre Valparaiso - El Quisco 67 km
Je pars après un solide desayuno à l'hôtel, avec un ciel chargé de nuages. La sortie de la ville se fait par l'autoroute où le trafic est important. Après 20 km je bifurque par une petite route forestière très tranquille, mais qui franchit les cordillères costales où les montées et les descentes ont des pourcentages de folie (+ de 20%). La forêt est composée de pins, d'eucalyptus et de mimosas ( j'entends le pays qui me dit : reviens ! reviens !).
Après beaucoup d'efforts à pousser le vélo dans les côtes, j'arrive au Pacifique. Un grand nombre de résidences privées s'est accaparé le bord de mer, avec vigiles et grandes clôtures. Les immeubles sont immenses et pas très beaux, mais les terrasses donnant sur la mer sont très spacieuses. Je traverse le village "traditionnel" d'Algorrobo qui est beaucoup plus avenant et très animé. El Quisco où je fais étape, est le village natal et le lieu où a résidé le célèbre poête chilien Pablo Neruda. C'est une station balnéaire avec de très belles plages et un nombre important de restos et d'hôtels. De la terrasse du mien, la vue sur l'océan est géante, dommage que les nuages gachent le coucher du soleil.

Les mimosas bordent la route El Quisco
Mardi 15 septembre El Quisco - San Antonio 30 km
Le ciel est toujours aussi nuageux lorsque je quitte la ville. Je passe devant la maison de Pablo Neruda transformée en musée mais je ne m'arrête pas. Après quelques km sur le littoral, la route monte sur une colline car tout le bord de mer est occupé par des domaines privés construits ou en cours de construction. Heureusement, quelques jolis villages résistent toujours à l'envahisseur !!! C'est le cas de San Sebastian et Cartagena où l'océan est accessible presque partout et les maisons y sont de taille "humaine".
J'arrive en début d'après midi à San Antonio, qui a une activité portuaire importante, avec le transport de containers et c'est le premier port de pêche artisanale du pays. Le paseo Bellamar sur le front de mer est très agréable, avec le marché aux poissons, les nombreux restos et une belle zône de promenade le long du port de pêche. Des pélicans, des phoques et des lions de mer se prélassent sur les rochers. Dans un petit resto, en terrasse, je déguste d'excellentes empeñadas aux mariscos (fruits de mer). Au bout du paseo, se trouve une grue géante, venue de France en 1914 pour la construction du port et classée maintenant, monument historique national. Le centre ville composé de deux rues seulement, est très animé.

Paseo Bellamar à San Antonio Le port de pêche

Lions de mer et pélicans le long du marché aux poissons
Mercredi 16 septembre San Antonio - Litueche 78 km
Je pars avec un mélange de soleil et de nuages. la sortie de la ville le long de l'océan est très longue et la circulation importante. Je traverse dans la continuité la ville jumelle de Llo Lleo qui se termine par un pont immense sur un bras du Pacifique. peu après la route quitte le littoral pour s'élever sur les cordillères. Je monte pendant 20 km et les poussées sont nombreuses car les côtes sont sévères. Le décor champêtre est très beau, les forêts de pins et eucalyptus alternent avec les vergers et les belles cultures. Les odeurs sont variables, très agréables dans les bois et nauséabondes dans les champs où sévissent les engrais.
L'élevage est également présent avec des chevaux, des bovins, des moutons et des lamas.
Malgré les rudes montées, c'est une étape très agréable avec peu de trafic automobile et dans l'après midi, le retour du soleil et du ciel bleu. Je termine l'étape en manches courtes.
Le petit village de Litueche est assez sympa et la seule hosteria est très bien, propre et pas chère. Ouf !

Paysages colorés
Jeudi 17 septembre Litueche - Pichilemu 62 km
Le beau temps a été éphémère ! Je pars sous les nuages ! Pendant 30 km, la route champêtre sur un plateau et un trafic routier inexistant, est très agréable. Puis je rejoins un axe plus important qui vient de San Fernando où la circulation est très importante car c'est la veille d'un grand week-end, le vendredi 18 étant la fête nationale chilienne. C'est à partir de là également que j'attaque la montée sur la cordillère, qui va se poursuivre sur 12 km, avec des passages très très durs, où je pousse plus souvent que ce que je roule. Vers le sommet, le brouillard assez dense puis la pluie sont au rendez-vous. C'est très désagréable pour moi car sur le sol mouillé et avec la super descente qui se présente, je n'ai qu'une confiance limitée en mes pneus et je réduis considérablement l'allure.
Pichilemu est une station touristique où les hôtels sont très nombreux. Il y a beaucoup de jeunesse pour une si petite ville. L'ancien casino de jeux transformé en Centre Culturel est très original avec son allure de château francais. Le parc immense juste à côté, bien ombragé par de grands arbres, surplombe une belle plage de sable gris. L'ensemble est très harmonieux. Le reste de la ville est quelconque.

Pichilemu Centre culturel
Vendredi 18 septembre Pichilemu - Bivouac Lago Vichuquen chez Valérie et Jérome 61 km
Le beau temps est présent à mon départ mais le vent de face souffle déja. Il n'y a pas du tout de trafic routier (fête nationale oblige). Je roule le long de l'océan puis j'attaque la montée vers un plateau. Je suis rejoint par un vtt, c'est Sergio, un chilien de Santiago, en vacances en famille à Pichilemu. Nous roulons ensemble pendant une quinzaine de km, jusqu'à sa route de retour. Il connait bien la région et me prévient qu'il y a une montée horrible avant le lago Vichuquen. Chacun poursuit sa route après photos et échange des e-mails. Je traverse le village de Lo Valdivia, où de nombreuses salineras sont exploitées et peu après j'arrive sur la piste en terre (ripio). La terrible montée dont Sergio m'avait parlé est vraiment très très pentue !!! J'ai beaucoup de mal à progresser car mes chaussures dérapent et les pneus aussi. Après plus d'une heure d'efforts, je suis au sommet complètement trempé de sueur et bien fatigué. Le parcours qui suit est une suite de montées et descentes assez faciles. Juste avant Llico, je m'arrête à une maison pour demander mon chemin aux personnes présentes. Nous discutons un moment, puis ils m'invitent à boire et à manger. Eux, viennent de terminer leur repas et m'offrent deux énormes morceaux de viande grillée, des tomates, des pommes de terre et du coca cola. Je fais honneur à tout cela et vers 16h00, je quitte cette charmante compagnie avec laquelle j'ai passé plus d'une heure. On prend des photos et je leur promets de mentionner leur très bon accueil sur mon blog.
Je chemine ensuite non loin du lac Vichuquen, mais jamais sur les rives, car tout est clôturé comme d'habitude. Je cherche un endroit pour camper quand trois personnes sortent d'un chemin venant du lac. Je leur demande où je pourrai poser ma tente et surprise, ce sont des francais vivant à Santiago. Valérie et Jérome ont une superbe maison au bord du lac et Rita et Philipe sont leurs invités. Jérome et Philippe continuent leur randonnée et Valérie me guide jusqu'à leur maison où j'installe ma tente sur un terre plein au dessus. L'accueil est vraiment génial. Je peux me doucher et boire une bonne bière. Il y a six enfants dans la maison et tous sont très sages. Le soir nous dégustons d'excellentes sucisses cuites au barbecue par Jérome, avec du bon vin chilien, et un dessert succulent pour terminer. Les deux familles sont très conviviales. La maison me plait beaucoup. Elle est en bois et batie sur plusieurs niveaux pour suivre la pente naturelle du sol. De grandes baies vitrées donnent sur d'immenses terrasses. L'aménagement a été fait avec beaucoup de goût par Valérie et Jérome. Au niveau du lac, les bateaux sont prêts à naviguer (3 voiliers et un à moteur pour le ski nautique). C'est vraiment un petit paradis qui fait le bonheur de la famille, tous fanas de voile, et des invités. La vue sur le lac est grandiose, de tous les endroits de la maison.

Lago Vichuquen Chez Valérie et Jérôme
Chez Valérie et Jérôme Leur petit paradis
Samedi 19 septembre Bivouac Lago Vichuquen - Bivouac La Trinchera 64 km
Après le ptit déj avec la famille, les photos et l'échange des adresses mails, je reprends ma route.
Merci beaucoup Valérie et Jérome pour votre accueil et votre générosité. Ces moments de convivialité sont toujours les meilleurs souvenirs lors d'un voyage en solitaire. Nous nous reverrons en décembre à Santiago.
Je chemine sur ripio avec alternance de montées et descentes pas trop difficiles. Le décor est toujours aussi beau avec le lac, les forêts et de grands champs bien verts. Après le très joli village de Vichuquen, je retrouve le goudron et aussi une très forte montée sur 2,2 km. Je transpire à grosses gouttes pour tracter mon lourd attelage. Une belle descente m'amène au village de Licanten. Je discute un moment avec un petit groupe et une dame m'offre une empeñada de sa fabrication qui est excellente. Je repars avec sa bénédiction.
Je longe le Rio Mataquito pendant un bon moment puis la route vers Constitucion part sur une piste en ripio de qualité inégale. certains passages sont défoncés et d'autres très roulants. Je longe à nouveau le Mataquito et donc pas de difficulté. Après quinze km je quitte le rio pour une ascension infernale et très longue (maudite cordillère...) Je suis très fatigué par cette grosse poussée et je cherche un endroit où camper, mais toujours le problème des clôtures...
C'est finalement au bout de la piste, à trois cent mètres du Pacifique, que je vais poser ma tente dans un virage où la clôture est en retrait. La nuit est calme et je suis bercé par les vagues qui déferlent sur le rivage.
Belle piste en ripio Rio Mataquito
dimanche 20 septembre Bivouac La Trinchera - Constitucion 42 km
Je quitte le bivouac avec le beau temps mais un petit vent de face assez froid m'oblige à garder la polaire. La route est quasi déserte. Je quitte rapidement l'océan pour monter vers des paysages champêtres où chevaux et bovins broûtent paisiblement. Deux ou trois montées coriaces mais moins difficiles que la veille, m'obligent tout de même à pousser. Vers 13h00 je suis à Constitucion, qui est une ville originale, toute en longueur sur un bras de l'océan. La ville est très calme pour un dimanche. Sur la place principale, il y aune réunion de fidèles de je ne sais quelle secte ou religion et un orateur vocifère puis gémit dans un micro. Ca ne fait pas très sincère et ressemble à du mauvais cinéma... Le vent froid n'empêche pas les "auditeurs" d'être très nombreux (c'est beau la foi...).
Le soir, je ne trouve aucun resto ouvert et je me contente d'un hamburger dans un bistrot. Ce n'est pas bon ! En sortant, je vais manger une assiette de frites dans le fast food d'à côté. L'hôtel où je couche n'est pas très net (vive mon duvet...) et en rentrant vers 21h30, tout est fermé et personne pour m'ouvrir. En faisant le tour de l'établissement, je trouve une fenètre mal verrouillée et je rentre par là (personne ne m'a vu car la police n'est pas venue...)

Constitucion Plaza de Armas
Lundi 21 septembre Constitucion - Curanipe 83 km
Je pars de Constitucion sous un ciel nuageux et avec le vent de face. J'attaque une montée de 7 km pour sortir de la ville et rejoindre la route principale. Je chemine dans de belles forêts (pins et eucalyptus) avec beaucoup de scieries et autres exploitations du bois. Puis suivent de belles prairies où les chevaux très nombreux gambadent en liberté. Après une vingtaine de km, j'arrive au bord du Pacifique. C'est superbe ! Je traverse le petit village de pêcheurs de la Caleta Pellines et son petit resto de poissons et coquillages, très avenant, donne envie de s'arrêter pour y manger. A côté, les pêcheurs tractent leurs embarcations hors de l'eau. Dommage pour moi, il est trop tôt pour déjeuner. peu après je remonte vers les pâturages où vaches et veaux se prélassent. La route est correcte. Il y a bien quelques côtes difficiles mais le décor les fait oublier. C'est une étape très agréable malgré le vent froid. Je traverse le superbe port de pêche (et aussi de tourisme, vu le nombre très important d'hôtels) de Pelluhue. Ici les barques de pêche sont tractées hors de l'eau par des boeufs.
Le village de Curanipe, un peu moins joli, est quand même très agréable. Les restos et hôtels sont presque tous fermés (hors saison). Le bord de mer est très joli et l'hôtel où je réside est très clean (ca change d'hier).
Petite anecdote : Dans le lit, il y a un sur-matelas chauffant électrique. Je l'ai mis en route et avec la chaleur et la télé, je me suis endormi. Au bout d'un moment je me suis réveillé, le lit était brûlant et moi aussi... C'est dangereux ces trucs !!!

Caleta Pellines Curanipe
Mardi 22 septembre Curanipe - Bivouac avant Quirihue 52 km
Je pars après un copieux desayuno et avec le beau temps. La route est très rude mais magnifique le long du Pacifique. Les montées et descentes très pentues se succèdent et sont très fatigantes. En fin de matinée, le vent se lève, très violent et bien sûr, de face. Toutes les montées se font en poussant et c'est pénible. A midi je casse la croûte dans un abri bus pour me protéger du vent froid. Cobquecura où je pensais faire étape est un bled minuscule et peu attirant, aussi je continue ma route, qui repart sur les hauteurs. Après 7 km d'ascension, je passe devant un grand domaine et le propriétaire est à l'extérieur. Je lui demande l'autorisation de camper sur son terrain. Il est 16h00. Un peu plus tard, il va en voiture au village et je lui demande de m'acheter une bière. Quand il me la ramène, il m'invite à goûter à sa chicha (mélange de vin et d'alcool fort) et c'est très bon. Il m'offre également un grand verre de vin du pays que je bois le soir avec mes spaghettis.

Maison de rêve ? ça y ressemble ! Superbe plage sur le Pacifique
Mercredi 23 septembre Bivouac avant Quirihue - Coelemu 60 km
Vers 08h30 je suis en route avec le beau temps mais un vent glacial de face. Mon hôte dort encore et je lui laisse un mot de remerciement avec le verre vide... La montée commencée hier se poursuit sur encore 6 km. Je traverse les forêts de pins et longe les exploitations forestières. pour couper les arbres ils ont une machine monstrueuse (style gros tracto-pelle). Un bras géant enserre l'arbre aux 3/4 de sa hauteur, un autre bras muni d'une grosse cisaille le coupe à sa base et le premier bras dépose l'arbre coupé comme une simple allumette. l'opération dure 5 secondes. C'est impressionnant à voir. D'énormes camions chargés de bois circulent dans les deux sens. Entre les forêts il y a de petites cultures. Ici on ne connait pas le tracteur. Toutes les terres sont labourées par des charrues tractées par de très gros boeufs. Je vois même quelques paysans "surfeurs". Une longue planche est attelée à deux boeufs et sur la planche le paysan dirige l'attelage dans tous les sens. Je pense que c'est pour casser les mottes de terre.
Je fais étape à Coelemu qui est un bled minuscule mais où il y a un hôtel, un supermarché et Internet.
La route aujourd'hui a été beaucoup plus facile qu'hier. Le vent m'a géné au début, mais dans les bois, j'étais protégé.

Labourage à l'ancienne... Avant Coelemu
Jeudi 24 septembre Coelemu - Conception 71 km
Je quitte le village avec le beau temps et pas de vent. le desayuno à l'hôtel était très frugal et je le complète avec une orange et des biscuits.Le trafic routier est très discret mais les montées sont sérieuses. Je traverse de belles forêts où là aussi l'exploitation du bois est intense. Un peu avant midi, j'arrive sur une autoroute (à péage) interdite aux vèhicules à traction animale et humaine... Je roule tranquille sur la bande latérale et après un km environ, je suis intercepté par un véhicule de service qui m'indique que je dois faire demi tour car c'est dangereux et interdit de circuler à vélo sur l'autoroute ! Je repars donc vers la côte par une route tranquille mais avec toujours de fortes montées sur les cordillères. Après une belle descente, j'arrive au bord de l'océan dans la ville de Tome qui n'est pas jolie car très industrielle. A partir de là, je prends une autoroute beaucoup plus dangereuse que la prédédente, car par endroits, il n'y a pas de bande latérale et je ne suis pas très rassuré. Surtout que les bus ont tendance à conduire comme la voiture tampon des anciens circuits TCR (les connaisseurs comprendront). Ils sont collés à la ligne blanche latérale et ne s'en écartent pas. Comme je suis juste de l'autre côté de la ligne, à chaque passage, j'ai un peu chaud...
Les marques de sympathie de la part des véhicules motorisés sont peu fréquentes au Chili. Ce matin pourtant, un corbillard m'a salué (voyant peut-être en moi un client potentiel...).
En fin d'après midi, je suis à Conception, grande ville de plus d'un million d'habitants et la circulation routière est très importante. La ville parait très vivante. Je suis dans un hôtel proche du centre ville.

Avant Conception Tome
Voila. C'est tout pour aujourd'hui. Gros bisous à tous et à bientôt pour la suite du parcours.